Une charge trimestrielle n’existe pas dans un mois type
L’auto-entrepreneur encaisse un chiffre d’affaires, puis paie l’Urssaf chaque mois ou chaque trimestre. Dans un tableur, la ligne n’apparaît que le jour du prélèvement. Deux mois sur trois, le « disponible » est donc une illusion : l’argent est déjà dû, il n’est juste pas encore parti.
Le geste du circuit est simple. Un bloc dépense « Cotisations », alimenté chaque mois depuis le compte professionnel, au taux de votre régime. Ce qui sort ensuite vers le compte personnel est le net réellement câblable — pas le brut encaissé.
Le barème micro-social au 1er janvier 2026
Les taux s’appliquent au chiffre d’affaires hors taxes encaissé, sans déduire aucune charge. Seul le BNC du régime général a bougé cette année : il passe de 24,6 % à 25,6 %. Les autres familles restent stables. C’est ce point, souvent oublié dans les simulateurs restés à 2025, qui fausse le net d’un consultant ou d’un développeur.
Ces taux couvrent maladie, retraite, invalidité-décès, allocations familiales et CSG-CRDS. Ils ne couvrent pas la contribution à la formation professionnelle, ni le versement libératoire de l’impôt sur le revenu si vous l’avez choisi.
Régime, CFP, ACRE, versement libératoire. Le circuit pose ce total comme une dépense chaque mois.
CFP : trois décimales qui s’ajoutent
La contribution à la formation professionnelle est due quel que soit le secteur. Elle s’ajoute au taux social, et l’Urssaf la prélève en même temps. Oublier la CFP, c’est sous-provisionner de 0,1 à 0,3 point — peu sur un mois, visible sur un trimestre.
ACRE : 50 % jusqu’au 30 juin, 25 % ensuite
L’exonération de début d’activité réduit le seul taux social, pas la CFP ni le libératoire. Pour une création avant le 1er juillet 2026, l’Urssaf applique encore 50 % de réduction. À partir du 1er juillet, la réduction passe à 25 % — soit un taux social égal à 75 % du barème normal. L’exonération court jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit celui de la création.
Pourcentage du CA, pas un fixe figé
Dans le circuit du couple à 6 280 €, la provision URSSAF est un fixe de 380 € — soit 21,2 % de 1 800 € de CA services. Ça tient tant que le CA moyen reste à 1 800 €. Si le mois tombe à 900 € et que le fixe reste, le compte pro se vide trop. Si le CA monte à 3 000 €, on sous-provisionne.
On croyait disposer de tout le chiffre d’affaires. On en garde le net, et c’est très bien — au moins c’est vrai. Lecture d’un circuit, après provision URSSAF
Ce que 5 000 € de CA veulent vraiment dire
Services BIC à 21,2 %, hors CFP et hors libératoire : 1 060 € partent, 3 940 € restent. En BNC régime général à 25,6 %, la même facture retire 1 280 €. L’écart est de 220 € par mois, 2 640 € par an — uniquement parce que le simulateur était resté à 24,6 %.
Les chiffres de cette note sont des exemples de simulation. Ils ne constituent pas un conseil fiscal, social ou en investissement. Les barèmes repris sont ceux publiés au 25 août 2026 (Urssaf, ministère de l’Économie, Service-Public). Vérifiez votre dernier avis avant de figer un fil.
