Le point de départ : un tableur qui ne tenait plus

Ce foyer a cinq sources de revenus, deux enfants, un local commercial loué et six livrets réglementés. Le tableur fonctionnait très bien tant qu’il n’y avait qu’un salaire et un compte joint. Il a cessé de fonctionner le jour où l’auto-entreprise est devenue la première source du foyer.

Le problème n’était pas le calcul — un tableur calcule parfaitement — mais la lecture. Personne ne savait plus répondre à la question « si l’auto-entreprise baisse de mille euros, qu’est-ce qui s’arrête en premier ? ». La réponse existait, quelque part, dans une colonne masquée.

Les entrées, telles qu’elles ont été posées

Cinq blocs de revenus, dont deux variables. Les montants retenus sont des moyennes lissées sur les douze derniers mois, arrondies à l’euro inférieur — un choix conservateur assumé.

Bloc de revenu Montant
Auto-entreprise (A) 1 800 €
Salaire (B) 2 240 €
Loyers du local 540 €
Salaire (A) 1 320 €
Allocations 380 €
Simulateur Et si l’auto-entreprise baisse ?

Le salaire A, les loyers et les allocations restent fixes. Seul le CA de l’AE bouge. Regardez quelle enveloppe se réduit en premier.

Chiffre d’affaires AE1 800 €
Net après URSSAF1 420 €
Épargne A460 €
Ce qui s’arrêteRien — circuit tenu

À 1 800 €, le compte A verse 1 260 € vers Factures, 1 560 € vers Quotidien, et tout le reste vers son épargne.

La première surprise : la provision URSSAF

Dans le tableur, les cotisations étaient une ligne trimestrielle, donc invisible deux mois sur trois. En posant un bloc dépense alimenté chaque mois depuis le compte professionnel, le revenu réellement disponible a perdu 380 € — et gagné en honnêteté.

On croyait disposer de tout le chiffre d’affaires. On en garde mille quatre cent vingt, et c’est très bien — au moins c’est vrai. Lecture du circuit, après provision URSSAF

Deux comptes joints, pas un

La décision structurante du circuit n’est pas financière, elle est organisationnelle : séparer les prélèvements du quotidien. Le joint « Factures » ne reçoit que ce que les prélèvements consomment, au centime. Le joint « Quotidien » reçoit une enveloppe fixe.

Joint Factures : 2 280 € par mois, entièrement consommé par les prélèvements.
Joint Quotidien : 2 760 € par mois, dont 280 € de dépenses libres non justifiées.
Aucun arbitrage mensuel n’est nécessaire tant que les deux enveloppes tiennent.

L’épargne : deux répartiteurs, six livrets

Chacun conserve son propre répartiteur, qui découpe ce qu’il reçoit entre ses trois livrets. C’est ce qui permet de dire « mon épargne » sans avoir à négocier chaque virement.

Destination d’épargne Montant
Répartiteur A 460 €
Répartiteur B 320 €
Livrets des enfants 80 €
Total épargné / mois 860 €

Ce que la projection a changé

À soixante mois, le patrimoine atteint 55 786 €. Mais l’information utile n’est pas ce total : c’est la liste des dates de saturation. Les LEP se remplissent en premier ; le Livret A, lui, a encore de la place.

Aucun débordement n’était câblé. Concrètement, quand le LEP A sature, 200 € par mois n’ont plus de destination. Le compteur « non affecté » restait à zéro dans le mois type, mais la projection révélait le blocage à venir.

Ajout d’un fil de débordement du LDDS vers le Livret A.
Ajout d’un second débordement du Livret A vers un bloc « épargne longue » à définir.
Décision reportée sur le support de cette épargne longue — hors du périmètre de repartio.

Ce qu’on retient

Un circuit ne rend pas les décisions plus faciles, il rend leurs conséquences visibles. Ici, la question de départ — « qu’est-ce qui s’arrête si l’auto-entreprise baisse ? » — a désormais une réponse d’une ligne : le répartiteur A, avant toute autre chose.

Les chiffres de cette note sont des exemples de simulation. Ils ne constituent pas un conseil fiscal, social ou en investissement. Les barèmes repris sont ceux publiés au 25 août 2026 (Urssaf, ministère de l’Économie, Service-Public). Vérifiez votre dernier avis avant de figer un fil.

Cette mécanique se construit dans le canvas : posez vos montants, câblez les fils, lisez la projection.